Basses saisons

en Armor

 

         Saint Malo, Saint Cast, Trégastel, Dinard, Dinan, Lannion, … Autant de villes, de stations balnéaires, représentant des lieux de villégiatures romantiques réputées. Chansons, « belles photographies », romans, films, ont été conçus dans ce décor des côtes d’Armor en « haute saison », fin juin-début septembre. Cette imagerie de la côte d’émeraude semble avoir fini par appartenir essentiellement aux résidents secondaires et aux touristes de passage.
Puis arrive la « basse saison », ou plutôt les « basses saisons ». Elles redessinent cette imagerie de façon bien plus intimiste, réaliste. La vraie vie reprend son avantage, sans toutefois ressembler à celle d’autres autres régions de France. Il y a une identité régionale, quotidienne, post-summer, avec sa poésie, son humour, son fatalisme, son identité Terre-Mer, sa posture méditative, sa capacité admirative, son envie de prendre-le-temps, de regarder ce qui ne se voit pas toujours, sa capacité de vivre pleinement l’entre-deux, cette forme de présence totale au monde qui l’entoure …
Les trois saisons « basses » se déplient naturellement au gré des éléments fixes comme la mer, la terre, le camion-pizza, les goélands, les terrains de foot, l’artisanat d’art, à travers les percées soudaines, fréquentes, rapides et vives du soleil.
Le labeur et son mode vie dit « périphérique » s’étendent jour après jour entre la ville, la campagne, et la mer.
Il existe une vie particulière en Armor, en attendant l’été des résidents secondaires.

L’universel et le singulier peuvent se conjuguer enfin.